Mardi 12 février 2008

Ce billet n'a pas de rapport avec mes activités d'édition ou de journalisme, il n'a même aucun rapport avec l'écriture ou la littérature. Ce billet a un rapport avec la mort lente de mon adolescence.

Avant-hier, le comédien Roy Scheider s'est éteint à l'âge de 75 ans.

Lorsque j'étais môme, je vivais dans la campagne comtoise, du côté de Belfort. Dans cette région, les gens regardent beaucoup la TSR (Télévision Suisse Romande) des voisins helvètes. Et sur la TSR, on pouvait voir chaque samedi soir vers minuit un film de genres - horreur, SF, fantastique... Souvent, durant l'été, mes parents invitaient quelques amis ou de la famille pour partager un barbecue dans le jardin. Les conversations se prolongeaient à grands coups de Lambrusco et quand la nuit tombait, on allumait la lampe au-dessus de la terrasse. Vers minuit, je m'éclipsais et retrouvais la fraîcheur de la maison. Dans le noir complet du salon, j'allumais la télévision et je zappais sur la TSR. Pour rien au monde je n'aurais manqué le générique du film. Quand ma mère, une fois les invités partis, devait traverser le salon pour ranger sa vaisselle, elle me demandait toujours si la voie était libre. "La voie est libre ?", criait -elle depuis le couloir. En gros, elle voulait savoir si la scène qui défilait sur l'écran était inoffensive, ou si on y voyait des gens égorgés. De ces instants délicieux de cinématographie noctambule, j'ai gardé en mémoire des visages qui ont influencé toute ma cinéphilie: celui de James Caan dans Rollerball. Celui de Kurt Russell dans The thing. Celui de Richard Harris dans Orca. Celui de Donald Pleasance dans Halloween. Celui de Jack Nicholson dans Shining. Et surtout, surtout, celui de Roy Scheider dans Les dents de la mer. Un visage presque parfait de bon WASP, avec un je ne sais quoi d'inquiétant dans le regard. Un nez de boxeur, un visage anguleux inoubliable. Et une voix française irréprochable - il circule d'ailleurs une édition DVD du film de Spielberg avec une VF refaite et des voix différentes, un véritable sacrilège. Roy Scheider a fait beaucoup d'autres choses dans sa longue carrière. On l'a vu dans Marathon Man et dans un grand nombre d'autres films. Mais il restera à jamais pour moi le shériff Martin Brody des Dents de la mer. Comme Eli Wallach restera à jamais le Tuco du film de Leone Le bon, la brute et le truand. Comme Terence Hill restera Personne. Comme Christopher Reeves restera Superman. Comme Malcolm Mc Dowell restera Alex de L'Orange mécanique.

Putain, Roy Scheider est mort. C'est un bout de mon adolescence qui fout le camp.

 


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Lundi 11 février 2008

Amélie Nothomb: parce que je n'aime pas les auteurs qui prennent des poses, se mettent en scène. Et parce que je n'aime pas qu'on me vende une novella au prix d'un roman.

Marc Levy: parce que ce que j'en ai lu en le feuilletant en librairie me suffit.

Justine Levy: parce que je n'aime pas les fils/filles à papa. Et parce que les histoires d'amour entre bobos du Quartier Latin me pompent considérablement.

Bernard Werber: voir Marc Levy.

Mazarine Pingeot: voir Justine Levy.

Maxime Chattam: voir Marc Levy.

Christine Angot: parce que ses poses de dinde neurasthénique - genre "Mes ailes de géant m'empêchent de marcher" - m'ennuient.

J.K Rowling: parce que je me fais un devoir de ne pas lire ce que tout le monde lit, de 7 à 77 ans.

Paul-Loup Sulitzer: franchement, il y a besoin d'expliquer, là ?

Calixthe Belaya: parce qu'elle m'a l'air totalement hystérique. Parce qu'elle trouve normale la visite de Khadafi en France. Et surtout parce qu'elle a été prise plusieurs fois en flagrant délit de plagiat.

Jean d'Ormesson: parce que sa sagesse rigolarde de vieil académicien de droite m'emmerde.

Eric Zemmour: parce que sous le vernis du journaliste politique du Figaro, se  dissimule un redoutable donneur de leçons digne des pires comptoirs de PMU.

Florian Zeller: parce que je n'aime pas sa coupe de cheveux. Franchement, vous avez déjà vu sa coupe de cheveux ?

Guillaume Musso: voir Marc Levy

Renaud Camus: parce que c'est illisible.

Pascal Sevran: ben tiens, et puis quoi encore ?

Guillaume Dustan: parce que je n'aime pas la littérature communautaire, donc je n'aime pas la littérature gay.

Dan Brown: franchement, que les amateurs de Dan Brown lisent Théodore Roszak, ils sauront ce qu'est un vrai thriller.

Tom Clancy:  il s'agirait de grandir, un peu, non ?

Yann Moix: ce n'est pas un écrivain. C'est Rastignac.

Frédéric Beigbeder: un écrivain ? Non ! Un publicitaire, un mondain, un comique de divertissement télévisé, un sniffeur de coke, oui. Mais pas un écrivain.

Christian Jacq:  j'ai  l'impression que s'attaquer à  l'oeuvre de Christian Jacq, c'est un peu comme s'attaquer à celle de Balzac. La qualité en moins.

Romain Sardou: mais bon sang, pourquoi voulez-vous que je lise un livre de Romain Sardou ?

Eliette Abecassis: elle a l'air sérieux, triste.  Elle est un peu pâle, tout ça...  Je ne sais pas,  elle m'ennuie. Tous les écrivains qui mettent en avant la spiritualité, l'énergie spirituelle de l'homme, m'ennuient.

Franz-Olivier Giesbert: il a une bonne tête de winner. Un beau discours de winner. Et il a l'air de s'aimer énormément. Comme tous les winners. 

C'est partial, injuste, irrationnel ? Bien sûr ! 
Et  alors ?

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Vendredi 8 février 2008

C'est la question que quelqu'un m'a posé avec de gros yeux arrondis par l'étonnement: "Tu n'as jamais lu Amélie Nothomb !?!"
Non, je n'ai jamais lu Amélie Nothomb.

J'ai voulu, pourtant, une fois. J'étais parti pour acheter un de ses bouquins, mettons Stupeur et tremblements, ou Hygiène de l'assassin. J'en ai feuilleté un, dans les rayons d'une librairie de Strasbourg. Le genre 150 pages, gros caractères, petits chapitres. Je l'ai reposé et j'ai acheté un pavé de Richard Russo (il faut lire les pavés de Richard Russo).

Puisqu'on en est là, voici la liste des auteurs que je n'ai jamais lus - et que, probablement, je ne lirai jamais:

Amélie Nothomb, donc. Et puis Marc Levy, Justine Levy, Bernard Werber, Mazarine Pingeot, Maxime Chattam, Christine Angot, J.K Rowling, Paul-Loup Sulitzer, Calixthe Beyala, Jean d'Ormesson, Eric Zemmour, Florian Zeller, Guillaume Musso, Renaud Camus, Pascal Sevran, Guillaume Dustan, Dan Brown, Tom Clancy, Yann Moix, Frédéric Beigbeder, Christian Jacq, Romain Sardou, Eliette Abecassis, Franz-Olivier Giesbert...

La liste est loin, très loin, d'être exhaustive.

Pour ce qui me concerne, la chair n'est pas tout à fait triste et je n'ai pas encore lu tous les livres. Je me passerai donc de ceux-là, il y en a tant d'autres à découvrir...

Tiens, au fait, et vous ? De quels livres vous passerez-vous ?


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Mercredi 6 février 2008

Tous les jours vers 12h45, les auditeurs de France Inter tombent dans une sorte de faille spatio-temporelle. Car tous les jours, vers 12h45, la station publique diffuse l’inénarrable Jeu des mille euros, animé par Louis Bozon. Enregistré en public dans la salle des fêtes d’une sous-préfecture (dans le meilleur des cas), ce jeu voit des duos de candidats originaires du coin confrontés à des questions de culture générale, posées préalablement par les auditeurs. Il est de bon ton de se moquer de ce type d’émissions – Patrice Leconte brocardait gentiment le Jeu des milles francs (l’ancêtre du jeu actuel) dans son film Tandem, avec Rochefort et Jugnot. Pour ma part, même si la candeur de ce type de divertissement me fait le plus souvent sourire, je n’arrive pas à m’en moquer totalement. Des gens répondent à des questions sur Churchill, Bertrand du Guesclin ou la Renaissance. Lorsqu’ils perdent, ils repartent avec un dictionnaire. Lorsqu’ils l’emportent, ils repartent avec de quoi se payer un honnête restaurant. Il est clair qu’à l’heure où des têtes de cons gagnent des fortunes en tournant une roue ou en soulevant des boites devant des animateurs surpayés, le Jeu des mille euros a un léger parfum de naphtaline. C’est toujours le même problème : pourquoi s’emmerder à écrire des livres, quand on peut faire trader ? Pourquoi écrire des symphonies quand des scies de trois minutes suffisent à faire de vous une (nouvelle) star ? Pourquoi se cultiver, puisqu’il s’agit de savoir que Jean-Pierre Papin est un ancien footballeur pour gagner des millions ? Finalement, à y regarder de près, le Jeu des mille euros, c’est une forme de résistance.


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Vendredi 1 février 2008

Il existe un grand nombre de blogs tenus par des lectrices avides de faire partager leurs coups de coeur littéraires. Cunéipage est l'un de ceux-là (voir mes liens). C'est même, à mon humble avis, le plus pertinent. Ces derniers jours, Cuné a lu un recueil de nouvelles de Nathalie Cachin, Les trophées de Constance et autres objets de désir, paru récemment aux éditions Le Bord de l'eau. Dans son billet, Cuné note - comme l'ont fait d'autres blogs - que le livre comporte quelques coquilles suffisamment énormes (du genre "je lui ai dis", ou "j'ai trouver") pour perturber la lecture de l'ouvrage, au demeurant assez bien traité sur le plan de la critique. Et voilà que l'éditeur du bouquin, dont j'ai la flemme de retrouver le nom, tombe sur ce billet et se fâche tout rouge. Il poste un commentaire hilarant - quelque chose comme "c'est facile de critiquer et puis d'abord montrez-les moi, ces coquilles, et même que c'est peut-être vous qui ne savez pas écrire et toc". Serviables, les blogueuses lui mettent le nez dans son caca. Du coup, l'animal s'emporte, sur le mode "vous êtes des critiques du dimanche, vous vous la jouez et vous n'y connaissez rien". Qu'un éditeur laisse passer une demi-douzaine de coquilles visibles comme le nez au milieu de la figure et fasse le fanfaron quand on lui fait gentiment remarquer a quelque chose d'une expérience puissamment scientifique: on trouve chez les éditeurs la même proportion de types désespérément médiocres qu'ailleurs.


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Vendredi 1 février 2008
J'ai appris un jour que la librairie Quai des Brumes organisait une rencontre publique avec le romancier Pierre Pelot.
Il faut sans doute que j'explique ce que représente pour moi Pierre pelot.
Pierre Pelot, c'est Casimir, Huggy les bons tuyaux, Isidore et Clémentine.
Une icône absolue de mon enfance.
L'homme qui m'a appris à lire.
Sierra torride, Le père de feu, Saison de rouille, Alabama 1.9.9.6Sécession bis, L'été en pente douce...  Ce sont mes Père Goriot, mes Souffrances du jeune Werther, mes premiers classiques personnels. Des classiques de série B, des classiques malpolis.
Jusqu'alors, je n'avais jamais rencontré Pierre Pelot. J'ai donc sauté sur mon téléphone et joins la rédaction en chef de la revue Les Saisons d'Alsace.
- Oui, c'est Stéphane. J'ai appris que Pelot passe demain chez Quai des Brumes... On peut faire quelque chose ?
- Pourquoi pas... Un portrait. Tu peux faire un portrait, le genre 5 000 ou 6 000 signes. Arrange un rendez-vous à la librairie avant ou après la rencontre et bidouille-nous un portrait. On le publiera dans les pages littéraires. Allez, ciao...
Quinze minutes plus tard, j'avais un rendez-vous pour le lendemain avec la figure mythique de mon adolescence dans la plus pointue des librairies de Strasbourg. J'avais un peu peur de cette rencontre, car j'avais en tête la maxime qui prétend qu'il ne faut jamais rencontrer les gens que l'on admire car ils déçoivent toujours nos attentes. Cette fois au moins, j'ai fait mentir la formule... Le lendemain après-midi, j'étais en face de Pelot, dans l'espace enfants de la librairie, un peu isolé des autres rayonnages. Cheveux et sourcils en broussaille, barbe grise, pull de bûcheron et tatouage sur les bras. L'entretien s'engage un peu mollement, l'homme répond poliment de sa voix rocailleuse et traînante, donne un peu l'impression d'être ailleurs. Jusqu'à ce que je le questionne sur la dimension universelle de ses romans régionaux et que je fasse un parallèle entre son oeuvre et celle de certains écrivains du sud des Etats-Unis. Subitement, son oeil s'anime. La conversation prend un tour plus personnel, plus chaleureux. Finalement, l'entretien durera une bonne heure et je quitterai Pelot sur une poignée de main, avec la certitude d'avoir rencontré un écrivain authentique. Ouf, mon enfance est sauve... Juste avant que je ne le quitte, il m'a glissé avec un petit sourire:
- Vous n'étiez pas là par hasard, vous...


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Mardi 29 janvier 2008

Un visiteur de ce blog, touché par le billet qui relate ma rencontre avec le cinéaste italien Giulio Petroni, me fait savoir qu'il trouve dommage de ne pas avoir publié ici l'entretien dont je parle. Toujours serviable, en dépit des mauvaises langues, je lui ai fait parvenir l'intégralité de l'interview. Il me semble un peu fastidieux d'en faire autant sur ce blog - j'imagine que la plupart de mes lecteurs ne sont pas férus de western italien -, mais il est sans doute intéressant de publier une petite partie de cette conversation, afin que vous puissiez vous faire une idée plus précise de ce vieux bonhomme à la fois irascible et touchant qu'est Giulio Petroni.
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De gauche à droite: Giulio Petroni, Stéphane Chevalier, Erik Pesenti (universitaire spécialiste du cinéma italien) et votre serviteur.

Comment avez vous débuté au cinéma ?

- J’ai commencé par réaliser des documentaires... J’ai fait la guerre, vous savez… j’étais dans la résistance, j’ai fait le maquis. J’étais même en France, à une certaine époque. Après la guerre, je me suis mis à faire des films comiques, mon premier s’appelait Cento kilometri. Mais je tiens à préciser que je faisais, avant tout, des films pour vivre.

(...)

- Comment vous est venue l’idée de réaliser des westerns ?

- Ce sont les producteurs qui ont eu confiance en moi. Ils m’ont proposé un gros budget pour réaliser mon premier western. Ce fut un succès phénoménal en Italie, en Allemagne, en France et même aux Etats Unis. Il s’agissait de La mort était au rendez-vous. Le rôle principal était tenu par Lee Van Cleef.

- Comment Orson Welles a t il rejoint le film ?

- C’est une agence qui m’a proposé Orson Welles. Ca m’a tout de suite plu. Vous vous rendez compte : diriger l’homme qui a réalisé Citizen Kane ! J’étais un peu inquiet, et je lui ai proposé de le rencontrer. On s’est donc retrouvé dans un café. Orson Welles était très heureux de ne pas travailler avec un jeune réalisateur inexpérimenté (j’avais déjà 48 ans, à cette époque). Il m’a fait tout de suite comprendre qu’il n’était pas là pour me voler la vedette. On est d’ailleurs devenu ami, après ce film…

- Cette rencontre fut elle profitable à votre expérience de cinéaste ?

- Oui, bien sûr, mais il faut savoir que Welles ne me donnait aucun conseil et qu'il n’intervenait jamais sur le tournage. C’était un principe essentiel pour lui. Il voulait me gêner le moins possible dans mon travail. Mais on se retrouvait après le tournage et on parlait de nos passions. Il me racontait sa vie. Je m’en souviens comme de moments inoubliables. Sa rencontre fut un vraiment un moment privilégié de mon existence.

(...)

 - Que pensez-vous de l'actuel cinéma italien ?

Rien de bien. Aujourd’hui, Le cinéma italien va mal… pour 30 films qui sortent par an, j’en trouve un seul de bon. Les films de Benigni, par exemple, Pinocchio et La vie est belle sont deux merdes… Quant à Nanni Moretti, tout le monde l'adore, mais je ne l’apprécie pas du tout. Je le trouve antipathique. Et bien trop politisé.

(...)

- J’aimerais revenir au western italien et plus particulièrement aux artisans du genre. Comment trouviez vous le travail d’un Sergio Sollima ou d’un Sergio Corbucci ?

- Sergio Sollima, je n’ai jamais vu ses films et je ne l’ai jamais rencontré. en fait je m’en fous, de Sergio Sollima. En tant que cinéaste, je ne vais pas voir les films des autres. Bon, j’ai vu les films de Leone et El Chuncho de Damiani, et quelques autres à la télévision, forcément. Mais c’est tout. En fait, je me rends compte que je ne suis pas un cinéphile… Et ça ne me fait ni chaud, ni froid.

(...) 

- Vous êtes un cinéaste populaire, une sorte de Henri Verneuil italien…

 

Sourire et silence.

(Merci à Arnaud Weber, du Collectif Insight à Strasbourg, pour la photographie.)

 


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Samedi 26 janvier 2008

Cette fois, c'est la bonne.
J'ai lu tous les textes qui me sont parvenus suite à mon appel à textes du mois d'octobre dernier. J'ai mis beaucoup de temps et je m'en excuse. Il y a deux raisons à cela: tout d'abord, j'ai reçu énormément de textes, en deux vagues successives. Ensuite, j'ai lancé ce projet de recueil collectif sans être soutenu par aucun éditeur. Je suis seul à lire les nouvelles et il m'a fallu caser cette activité entièrement bénévole parmi toutes mes interventions professionnelles - il y a des périodes où je n'avais franchement pas la tête à ça. Depuis hier soir, j'ai enfin lu toutes vos contributions et je suis aujourd'hui en mesure de révéler les noms de tous les auteurs qui constitueront le sommaire de ce recueil. Les voici, classés dans un ordre démocratiquement alphabétique:

Patrick Dupuis, Magali Duru, Denis-Jacques Fleurot, Jordy Grosborne, Dominique Guérin, Joël Hamm, Stéphane Laurent, Gérard Levoyer, Baudouin Massart, Nathalie Salvi, Emmanuelle Urien.

Les textes de ces auteurs sont ceux que j'ai vraiment souhaité intégrer au recueil. Je n'aurai pas l'hypocrisie de dire que j'ai longuement hésité. Ces choix se sont imposés au fil des lectures comme des évidences. Cela ne signifie pas que les autres nouvelles ne sont pas dignes d'intérêt. Cela signifie simplement qu'à tort ou à raison, elles ne m'ont pas touché. Je n'ai jamais été touché non plus par Marcel Proust ou par Gustave Flaubert. Je l'ai été par Maupassant. Simple question de personnalité. Par ailleurs, il importe de souligner la sévérité de ma sélection: sur les 11 nouvelles du sommaire, seules 6 ont été choisies via mon appel à textes, car j'avais moi-même (sans en faire mystère) sollicité directement plusieurs auteurs. Je vais à présent entrer en contact privé avec tous les auteurs retenus, mais je donnerai également sur ce blog des nouvelles du projet - si nouvelles il y a à donner...

En tout cas, merci à tous.


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Vendredi 25 janvier 2008

Une nouvelle visiteuse de ce  blog (on dit, ça, visiteuse ?) , pleine d'une rafraîchissante candeur, m'explique qu'elle me trouve à la fois grognon et émouvant. En gros, mes ronchonneries dissimuleraient une âme pure, un vrai coeur d'artichaut. Comme quoi - troublante révélation -  j'ai encore toutes mes chances avec les jeunes filles en fleur...  Percé à jour, je n'ai d'autre possibilité que de tomber le masque: oui, c'est vrai, je ne suis qu'amour. La preuve, je m'en vais de ce pas rendre un vibrant hommage à tous ceux qui comptent ou qui ont compté un jour dans mon modeste itinéraire de plumitif boulimique. Merci, donc, à:

(Là, j'aimerais bien la B.O de Il Maestro e Margherita, composée en 1972 par Ennio Morricone).

Pierre Pelot, pour ses 150 romans, les bons comme les mauvais, qui m'ont appris à lire.

Djamel Bendjaballah, pour le parfum inimitable de l'amitié d'enfance.

Emmanuel Carrère, pour m'avoir donné dans ses (nombreuses) lettres le sentiment que mon opinion lui était chère.

Olivier Frébourg, pour sa disponibilité à mon égard - une disponibilité bien mal récompensée, voir à ce sujet mon billet daté du 30 octobre.

Max Genève, pour Le compositeur, pour la bienveillance constante et pour la passerelle.

Christian Congiù, pour avoir publié le premier texte de mon existence - il s'appelait Le cirque habituel - dans sa (défunte) revue Nouvelle Donne.

Myriam Katz, pour m'avoir offert, entre la poire et le fromage, mon premier job de journaliste. Et beaucoup d'autres par la suite.

Armand Cabasson, parce qu'il m'a prouvé qu'à partir de rien, on peut arriver à tout, avec seulement un peu de temps, de sang et de sueur.

Bernard Reumaux, pour le professionnalisme, les conseils, la rigueur et les portes ouvertes.

Stéphane Chevalier, pour être - depuis la nuit des temps - toujours quelque part dans le cadre. En retrait, mais disponible.

Jordy Grosborne, pour le compagnonnage constant, et pour les beaux livres qu'il offre à mes enfants.

Christophe Chavdia, pour les images ignobles, les sons abominables, et aussi pour les beaux silences.


Léa, Hugo et Lisa, parce que...

Quant à ceux qui pensent que je m'attendris, qu'ils attendent que j'aie sorti douze nouvelles des trois millions que j'ai reçues pour mon appel à textes...


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Mardi 22 janvier 2008

CONCOURS DE NOUVELLES
 
Art.1 - L'association Les Semelles d'Icare organise un concours annuel de nouvelles. La participation à ce concours est interdite aux membres de l'association, à leurs familles, ainsi qu'aux membres du conseil municipal de Jonflour sur Givette. 

Art.2 - Les candidats peuvent envoyer de 1 à 99 nouvelles. Les droits de participation sont fixés à 22 euros, plus 19 euros par nouvelle proposée. Par ailleurs, chaque auteur joindra à son envoi 12 timbres au tarif postal en vigueur. Les textes seront envoyés en 25 exemplaires. L'adresse du concours est la suivante: 

Les Semelles d'Icare 
3, impasse de la touffe 
25489 - Jonflour sur Givette 

Art.3 - L'anonymat le plus strict devra être respecté. A cet effet, les textes ne devront pas être signés. Ils porteront en haut à droite de chaque page un code composé de 12 lettres et de 24 chiffres. La date limite d'envoi des textes est fixée au 15 mars 2008. Une feuille comportant l'identité de l'auteur et reprenant ce code sera expédiée sous pli séparé quinze jours après l'envoi des textes - de préférence un jour pair et de pleine Lune. 

Art.4 - Les nouvelles envoyées seront inédites. Par ailleurs, les auteurs s'engagent à ne pas les faire publier pendant 99 ans à compter de la date du palmarès, y compris pour les textes n'ayant pas été primés. 

Art.5 - Le jury du concours se réunira dans les deux ans qui suivent la date limite d'envoi. Il est entendu que seuls les lauréats seront avisés du palmarès. La présence à la remise des prix est obligatoire pour recevoir sa récompense. Les frais de déplacement et d'hébergement ne seront pas pris en charge. Le jury décernera les prix suivants: 
1er Prix: 
Un chèque-livre d'un montant de 50 euros 
Une médaille à l'effigie de Jean-Edmond Trollet (1884 - 1953), poète local et ancien maire de Jonflour sur Givette 
Un exemplaire de l'ouvrage illustré "L'incroyable épopée du sabot" 

2ème Prix: 
Un chèque-livre d'un montant de 25 euros 
Un exemplaire de l'ouvrage illustré "La cancoillote, une passion comtoise" 

3ème Prix: 
Un chèque-livre d'un montant de 12,5 euros 
Un exemplaire de l'ouvrage illustré "Jonflour sur Givette au temps des malandrins" 

Art.6 - L'association Les Semelles d'Icare se réserve le droit d'annuler le concours. Le cas échéant, les frais engagés par les candidats ne seraient évidemment pas remboursés.


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Qui est-il ?

Stéphane Laurent est journaliste, rewriter, nègre et réalise d'une façon générale tous les travaux d'écriture qu'on lui demande. Il vit à Strasbourg et passe tous ses étés en Bretagne. Il a aussi mauvais caractère. D'où (le retour de) ce blog.

Bobine


En cours de lecture...


  Iain Levison - Tribulations d'un précaire (Liana Levi)

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